Les nouvelles formes de travail

Transformation numérique, mobilité, travail à distance, attentes des nouvelles générations… De multiples phénomènes agitent le management et interrogent le rapport des collaborateurs à leur entreprise. Et si la notion d’engagement est désormais fondamentale, seules les entreprises les plus agiles seront en mesure de rester performantes et attractives. Décryptage.

Taylorisme, fordisme et toyotisme ont vécu ! Les organisations pyramidales n’ont plus la cote. La culture managériale évolue. Le temps est à la transparence, à la coopération mais également à la bienveillance. Des valeurs aujourd’hui indispensables pour susciter l’adhésion et l’engagement de tous les collaborateurs autour d’objectifs partagés et favoriser la création d’une culture commune.

 

Adaptabilité, une posture face à la complexité

L’outil ne fait pas tout, mais il facilite parfois grandement les choses. À partir des années 2000, le numérique a eu un impact décisif sur nos organisations. Internet, les messageries instantanées, le cloud, les IA et le machine learning (champ d'étude de l'intelligence artificielle) ont considérablement amélioré la productivité de nos organisations. Et demain, il en ira de même pour la cobotique (collaboration homme robot) dans l’industrie, le BTP ou encore l’agriculture. L’innovation technique a donc permis de libérer les énergies individuelles tout en favorisant l’émergence d’une intelligence collective. Elle a également bousculé l’entreprise et ses modes d’organisation. Le bureau n’est plus le lieu exclusif du travail. On peut désormais travailler à distance, en home office, avoir un flex desk (mode d'organisation suivant lequel plusieurs personnes occupent le même espace de travail à tour de rôle), partager un espace de coworking ou encore utiliser un espace de créativité. On peut aussi travailler en dehors des heures classiques de bureau si cela permet de mieux articuler sa vie personnelle et sa vie professionnelle. L’important ce n’est plus d’être au bureau pour faire des heures, mais la mission et l’efficacité. Donc, l’efficience.

 

Efficience, mode projet et bienveillance

Dans le même mouvement, les méthodes de management ont évolué pour faire une place de plus en plus grande au mode projet et à la culture du résultat. La tendance est ainsi à l’holacratie et à l’entreprise libérée. Un concept qui préconise la suppression des échelons de management intermédiaires et fonctionnels pour accroître l’autonomie opérationnelle. Une autonomie augmentée qui va de pair avec une responsabilisation accrue. Les collaborations s’organisent alors en mode projet en jouant sur la transversalité des participants et la synchronicité de leurs actions ce qui permet à la fois d’atteindre les objectifs sous-tendus, mais avant tout de rationaliser la charge de travail de toute l’équipe et de gagner du temps. Et ça marche aussi pour des projets complexes. Le collaborateur, lui, pourra acquérir de nouvelles compétences. Au final, le nouveau cadre engendre un surcroît de motivation, permet au collaborateur d’être pleinement engagé dans ses missions, et peut même favoriser l’innovation. Un peu comme si chaque collaborateur devenait l’acteur de sa propre micro-entreprise au sein d’un groupe d’entreprises.

 

Coopérer : une compétence stratégique

Reste que ce nouveau mode de « faire ensemble », s’il permet de lutter efficacement contre « le bore-out » (épuisement professionnel par l’ennui) peut également favoriser le « burn-out » (surmenage) et le workaholisme (addiction au travail). Alors que justement il est censé les éliminer ! Le collaborateur et son organisation doivent s’engager sur le même chemin. Et quand le collaborateur devient agile, l’organisation doit être plus souple et investir dans l’accompagnement. Et notamment dans les services qui vont lui simplifier la vie et lui permettre de se délivrer en partie de sa charge mentale personnelle. Pour y parvenir, de nombreuses entreprises recourent à l’intervention d’experts notamment dans le domaine de la santé. Il peut s’agir de coach sportif, d’accès à des plateformes de télémédecine, de cours de méditation ou même des stages de déconnexion. Certains employeurs n’hésitent pas à s’équiper de salle de sport ou d’espaces de détente. Enfin, de plus en plus d’organisations font appel à des conciergeries (aide aux devoirs, aide à domicile, services administratifs, etc.)  afin de préserver davantage leurs collaborateurs en les aidant à mieux concilier leurs différents temps de vie et à respecter leur chronobiologie. Un investissement payant à long terme et aux bénéfices réciproques !

Ces nouvelles formes de travail correspondent à l’air du temps et répondent aux aspirations et à la quête de sens des collaborateurs. Si elles sont un excellent moyen de booster sa marque employeur, elles sont aussi un accélérateur d’implication et d’engagement.