Travail sur écran : oui, on peut être sédentaire ET en bonne santé
On dit que c’est mauvais pour la santé mais pour bon nombre d’actifs qui travaillent sur écran, rester immobile pendant la majeure partie de la journée est inévitable. Pas de panique, on peut être sédentaire, actif et en bonne santé.
La sédentarité caractérise un mode de vie qui comprend peu d’activité physique. D’après l’ANSES, les adultes passent aujourd’hui en moyenne plus de 7 heures par jour en position assise, essentiellement en raison de leur activité professionnelle lorsqu’il s’agit d’un emploi de bureau. Ils et elles sont donc majoritairement sédentaires. Un constat qui va à l’encontre des recommandations de santé publique concernant la nécessité d’être régulièrement en mouvement. Alors halte à la culpabilité et tour d’horizon des solutions qui permettent de préserver sa santé en dépit de modes de vie sédentaires.
Une sédentarité qui ne dépend pas uniquement de nous
Si nous sommes plus sédentaires qu’avant, ce n’est pas uniquement parce que nous sommes moins actifs qu’avant. C’est avant tout lié à la transformation du travail.
La majorité des métiers tertiaires impliquent désormais de rester assis plusieurs heures par jour, souvent sans interruption. Une réalité renforcée par le télétravail et la digitalisation des échanges, comme en témoigne Thomas, 32 ans, chef de projet digital dans une startup : “Je commence ma journée vers 9h, et sans m’en rendre compte, il peut être 13h sans que je me sois levé une seule fois. Tout s’enchaîne : mails, réunions, dossiers… et je reste assis.”
Aussi, comme le souligne l’Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité (ONAPS), la sédentarité est aujourd’hui souvent indissociable de nos environnements de vie et de travail…Dans ce contexte, culpabiliser les individus en leur demandant de moins s’assoir est véritablement contre-productif.
Puisque la sédentarité est désormais structurelle, notre regard sur elle ainsi que les démarches pour limiter ses effets négatifs doivent être repensés.
Et si le problème n’était pas de rester assis ?
On associe souvent sédentarité et mauvaise santé. En réalité, ce n’est pas le fait d’être assis qui est mauvais pour la santé mais plutôt le nombre trop peu important de mouvements dans la journée.
Une chose est certaine : le corps humain n’est pas conçu pour rester immobile trop longtemps. Au-delà de la question de faire du sport, il a impérativement besoin de se mouvoir régulièrement, au moins une fois par heure. Une nuance qui n’est pas connue de tous : « Je fais du sport trois fois par semaine et le week-end, je fais un footing donc pour moi, je suis ‘dans les clous’. Mais je remarque que j’ai souvent mal au dos et qu’à la fin de la journée, je suis souvent épuisé alors que j’ai la sensation de ne rien avoir fait », précise Thomas.
Ainsi, l’OMS rappelle que l’activité physique ne se limite pas au sport, elle inclut l’ensemble des mouvements du quotidien qui doivent être réguliers et variés pour préserver sa santé.
Réintroduire du mouvement sans tout bouleverser
Puisque les organisations du travail de bureau nécessitent d’être immobile une majeure partie de la journée, l’enjeu est d’y réintégrer du mouvement de manière simple et réaliste, sans pour autant transformer les journées de travail en séances de sport.
Se lever une à deux fois par heure pour se dégourdir les jambes, marcher pendant certains appels, alterner sa position de travail pendant la journée ou encore prendre des pauses pour aller marcher en extérieur font partie des gestes simples à adopter pour rester actif. Ainsi, le mouvement redevient un réflexe et non plus une contrainte qu’on s’impose dans la journée.
Un levier essentiel pour la qualité de vie au travail
Encourager la sédentarité active au travail, c’est agir concrètement sur le bien-être global des collaborateurs car bouger régulièrement limite la fatigue et le stress, relance l’attention, réduit certaines tensions physiques et contribue à prévenir la survenue des pathologies liées à la sédentarité : maladies cardiovasculaires, diabète, dépression etc.
Côté entreprise, encourager les journées actives et les pauses en extérieur témoigne d’une approche plus moderne du travail et d’une attention sincère portée aux collaborateurs. En prime, le mouvement, lorsqu’il est collectif peut aussi donner lieu à de véritables moments de convivialité, précieux pour les organisations de travail.
Finalement, la question n’est pas vraiment de savoir si l’on est sédentaire ou non.
Mais plutôt : comment remettre le mouvement au cœur de nos journées.